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Mercredi 04 Avril 2007

 

 

 La défaite infligée par l’Emir Abdelkader à l’armée Française à la MEKTÂA avait provoqué la consternation en France.

A Alger le compte d’ERLON n’avait ni blâmé, ni approuvé la conduite du général TREZEL.Des renforts sont alors envoyés avec la nomination du général d’ARLANGES en remplacement du Général TREZEL et le Maréchal Clauzel nommé gouverneur général  arriva à ALGER le 10 Août 1835 deux jours après le départ du compte d’Erlon son prédécesseur.

La première mission du maréchal Clauzel est de venger l’honneur de la France bafoué dans la MEKTÂA .Une expédition sur mascara avait été résolue.

Le 21 novembre 1835, le maréchal Clauzel qui devait commander en personne l’expédition de Mascara arriva à Oran accompagné du Duc d’Orléans. Le Maréchal avait pris à Alger le bataillon des Zouaves et une compagnie d’élite. Ainsi le corps expéditionnaire fort de plus de 13000 hommes forma quatre brigades commandées par :

 Première brigade    : Général Oudinot 

Deuxième Brigade : Général Perrégaux 

Troisième Brigade : Général d’Arlanges

Quatrième Brigade : Colonel Combes 

Réserve                   : Lieutenant-colonel Beaufort 

L’Emir Abdelkader sachant cette expédition fait fermer les brèches de la ville, construit des ouvrages en terre derrières lesquels se sont abrités les kabyles que lui avait emmener BOU-HAMEDI et placer sur les remparts des pièces de canons.

Ferdinand Philippe DUC D’ORLEANS raconte dans son journal : 

« La bataille avait débuté à 4 heures de l’après midi sous un ciel chargé d’orage. Elle s’acheva à 7 heures. Les troupes françaises, inquiétées encore sur leur arrière par un fort parti de la cavalerie que le colonel Combes dispersa au canon, franchirent les ravins et le cimetière encombré de cadavres. Les spahis poursuivirent les derniers fuyards en corps à corps.

Il fallut ouvrir à coups de pioche un chemin à travers ces montagnes escarpées, ces mamelons broussailleux, ces ravins abrupts et ces amas de rochers, il n’y a pas de route. Il faut que le génie, commandé par le colonel Lemercier, fraye un chemin aux voitures. 

L'Emir Abdelkader, qui, dans cette journée, manoeuvra de son côté aussi bien que le lui permettaient les éléments qu’il avait entre les mains, forcé de renoncer à son attaque de flanc, se porta par les montagnes, et s’établit perpendiculairement à la direction dans une position formidable, sa droite appuyée à un bois et sa gauche aux montagnes. Son artillerie prit position à gauche sur un mamelon attenant aux montagnes, où il pouvait se retirer, en cas de revers. Il attendit ainsi dans un lieu resserré où il restait maître de sa retraite.

C’est là que l’Emir Abdelkader attendait les Français sur la seule route qui puisse les conduire à un point d’eau.

 Le choix de cette position, et les dispositions qu’il prit pour la défendre, auraient fait honneur à un général Français.

Le maréchal Clauzel avança avec ses hommes après plusieurs jours de combats incessants, il parvint à Mascara le 6 Décembre 1835 et il se vengea en faisant de cette ville un monceau de ruines. 

«On fit l’inventaire de ce qu’Abd el kader avait laissé, de l’orge qui permit aux chevaux très éprouvés de se refaire, du biscuit, du soufre. L’émir avait installé une manufacture d’armes où nous trouvâmes vingt-deux pièces de canon et tout un attirail relativement moderne, capable de fabriquer trois fusils par jour ».

Le 11 Décembre, toute l’armée descendit dans la plaine. On tirailla encore un peu ce jour-là. Le 12 Décembre 1835, l’armée arriva à Mostaganem où le duc d’Orléans blessé s’embarqua pour Paris tout enrôlé de gloire militaire.

Il reviendra en automne 1839 puis en Mars 1840 emmenant avec lui son jeune frère le Duc d’Aumale et c’est là une autre page d’histoire. 

 

 

 

publié par B.SLAOUTI dans: HISTOIRE
Mardi 20 Mars 2007

 

 Après la ratification du traité DESMICHELS par les deux parties, l’Emir Abdelkader avait envoyé au général DROUET d’Erlon par l’intermediare du Juif Ben-Durand une copie dans laquelle le commandement d’Oran avait apposé son cachet.

Le Générale Drouet avait vu dans cette pièce jusque là demeurée méconnue un traité secret :

Il avait demandé alors et obtenu le changement du général DESMICHELS et son remplacement par le général TREZEL.

Dans son livre DESMICHELS n’a pas manqué de préciser par contre  que son départ est intervenu parce que il avait observé une sécheresse de correspondance du gouverneur occasionné d’après ses dires par une divergence inattendue des opinions sur le système politique à suivre.

Dés lors il avait vu l’impossibilité de servir sous ses ordres : c’est alors qu’il a demandé son rappel en France.

Vers la fin du mois de Mars 1835, les chefs des tribus des Douëras et des Zmélas vaincues par l’Emir Abdelkader et le général Desmichels étaient entrés en pourparler avec le Général TREZEL et lui avait offert de se soumettre à la condition que les deux tribus formeraient comme du temps des Turcs, le Makhezène de la province relevant directement du commandement d’Oran et viendraient s’établir à Meserghine ou l’armée construirait à leur frais un blockhaus pour les protéger.

Il écrivit au général Drouet d’Erlon et lui demanda l’autorisation de traiter d’après les bases indiquées.

Les pourparlers ont aboutis alors à la convention du figuier signée le16 Juin 1835.[1]

L’Emir Abdelkader ayant appris la ratification de la convention du figuier, il écrivit au général Trézel une lettre dont voici la teneur :

« Vous savez à quelle conditions le général Desmichels s’est engagé avant vous , et vous m’avez fait les mêmes promesses à votre arrivée de nous rendre chaque homme  qui aurait commis une faute et se serait sauvé chez vous , et cela quand bien même, il ne s’agirait que d’un seul individu. A combien plus forte raison doit il en être ainsi lorsqu’il s’agit de deux tribus. Les Douërs et les Zmélas sont au nombre de mes sujets, et d’après notre loi, j’ai le droit de faire d’eux ce que bon me semblera. 

Aujourd’hui, si vous ôtez votre protection de dessus ces tribus et que vous me les laissiez commander comme autrefois, rien de mieux ; mais si vous voulez contrevenir à ce qui a été convenu, demandez votre consul Abdellah auprès de vous, car combien même les Douërs et les Zmélas entreraient dans Oran, je ne retirerais pas la main que j’ai levé sur eux, à moins qu’ils ne fassent pénitence de leur faute. Notre religion me défend en effet de me prêter à ce qu’un musulman soit sous la puissance d’un chrétien ou d’un homme d’une autre religion. 

Voyez donc ce qu’il vous conviendra de faire ; autrement c’est Dieu qui décidera ».  

Dés lors, il était facile de prévoir, d’après le langage tenu de part et d’autre que les hostilités ne pouvaient tarder à se poursuivre. Elles commencent en effet le 25 Juin pour se terminer le 28 Juin 1835 par le combat de la MAKTAA avec la participation et le courage des kabyles dans les rangs de l’Emir Abdelkader ramenés pour livrer bataille par Bou-Hamdi.

Le général Trézel est alors vaincu après avoir subi le plus douloureux épisodes de la guerre.

Il rentrait à Arzew après avoir eu selon ses déclarations 280 tués, 500 blessés et 17 prisonniers que l’Emir Abdelkader avait pris sous sa protection.


 

 

 

[1] Voir convention ci-contre

publié par B.SLAOUTI dans: HISTOIRE
Jeudi 08 Mars 2007
 Le général commandant des troupes françaises dans la province d'Oran, et l'émir Abdelkader, ont arrêté les conditions suivantes :
Art. 1er.
 
« A dater de ce jour, les hostilités entre les Français et les Arabes cesseront.
« Le général commandant les troupes Françaises et l'émir, ne négligeront rien pour faire régner l'union et l’amitié doivent exister entre deux peuples que Dieu a destinés à vivre sous la même domination. A cet effet, des représentants de l'émir résideront àOran, Mostaganem et Arzew. De même que pour prévenir toute collision entre les Français et les Arabes, des officiers français résideront à MASCARA.
Art.2.
La religion et les usages musulmans seront respectés et protégés.
Art.3.
 Les prisonniers seront rendus immédiatement de part et d'autre.
Art.4
La liberté du commerce sera pleine et entière.
Art. 5.
Les militaires de l’armée française qui abandonneraient leurs drapeaux seront ramenés par les Arabes. De même, les malfaiteurs arabes qui, pour se soustraire à un châtiment mérité, fuiraient leurs tribus et viendraient chercher un refuge auprès des Français, seront immédiatement remis aux représentants de l’Emir Résidants dans les trois villes maritimes occupées par les Français.
 Art.6.
Tout Européen qui serait dans le cas de voyager dans l'intérieur, sera muni d'un passeport visé par le représentant de l'émir à Oran, et approuvé par le général commandant.
 
Le 26 Février 1834
Après que le traité soit ratifié par les deux parties, l’Emir Abdelkader annonçait l’envoi de ses représentants à Oran, Mostaganem et Arzew dont Hadj El Habib un des plus grands personnages du pays et son parent qui partent résider auprès du Général DESMICHELS en qualité d’Oukil (Consul).
De même que l’Emir Abdelkader reçoit comme résident permanents le Commandant Abdellah et ses adjoints M.de Maligny et M.de Radepoint.
A Alger la nouvelle de paix est bien accueilli : en témoigne la lettre du général Théophile Voirol dont voici la teneur :
Lettre du Général Voirol à l’Emir Abdelkader
 
J’ai appris, par la lettre que vous m’avezécrite et par les députés que le général Desmichels m’a envoyés de votre part, que les hostilités avaient cessé entre les Arabes et les troupes de la division d’Oran. J’en rends grâce à Dieu, car quoique j’aie assez d’hommes et de canons pour ne redouter personne, je désire la paix, source de tous les biens. Je vois avec une vive satisfaction que c’est à vos dispositions pacifiques que nous devons la cessation des hostilités. En employant votre influence au rétablissement de la paix, vous vous êtes conduit en homme grand et généreux, qui n’arrête pas ses regards sur le moment présent, mais qui les porte sur l’avenir. En effet, la paix entre les Français et tous les Arabes sera féconde en avantages, non seulement pour nous mais pour nos enfants et petits-enfants […]."

Alger, le 24 mars 1834 (extrait de : Ecrivains militaires de l’ancien évêché de Bâle
 
Cependant des insurgés à cette paix ne sont pas restés inactifs et leur nombre augmentait de plus en plus parce qu’ils voyaient à regret le pouvoir de l’Emir Abdelkader se consolider par cette alliance avec les chrétiens alors qui leur avait enseigner à haïr.
 
Quelques différends qui s’étaient élevés entre les tribus des Beni-Hamer et celles Douers furent le commencement d’une guerre qui depuis longtemps se préparait.
 
L’Emir ayant appris que le parti à la tête duquel s’étaient placés MUSTAPHA BEN SMAIN et SIDI MAZRI son frère avaient levé l’étendard de la rébellion, rassembla à la hâte les cavaliers des tribus qui environnent Mascara, pour aller surprendre les Douërs qui se battaient déjà avec les Beni –Hamer, restés fidèles à la cause de l’Emir Abdelkader.
L’Emir posa son camp dans l’espoir qu’avec les troupes qu’il avait avec lui, il pourrait le lendemain, forcer les insurgés à mettre bas les armes avant que les cavaliers de la grande tribus des Hangaëts qui devaient se réunir viendront à leur secours .Mais pendant la nuit les Douërs attaquèrent à l’improviste et enlevèrent au galop le camp de l’Emir Abdelkader.
L’Emir Abdelkader perdit beaucoup de ses cavaliers et le reste s’est enfui dans un tel désordre, que les tentes, les chevaux et les bagages tombèrent entre les mains des cavaliers SI MUSTAPHA BEN SMAIN.
 
Le Généal. DESMICHELS ayant pris connaissance du désastre subit par l’Emir Abdelkader a pris le soin de lui écrire  pour l’encourager et pour lui faire comprendre qu’avec la protection de la France, il ne devait désespérer de rien .
L’Emir Abdelkader lui répondit[1] (voir lettre ci-contre).
Desmichels écrivait : « Une considération puissante et une sage prévoyance devaient me porter à secourir Abdelkader car il était notre allié et il fallait prouver aux arabes la droiture de notre politique et la loyauté de nos actions – Abdelkader malheureux devait donc compter sur notre appui ».
Ainsi DESMICHELS lui fit délivrer quatre cents fusils et quelques quintaux de poudre avec l’appui de sa cavalerie à partir du camp d’observation de MSERGUINE.
Le 13 Juillet 1834 les Douërs Effrayés de la démonstration des soldats Français à leur encontre se rapprochèrent de TLEMCEN en abandonnant leur pays plein de riches silos
Exténués de fatigue et mourant de faim Hadj Bokada pourtant signalé comme un homme dangereux et intrigant n’avait plus d’autres alternatives que de demander la protection du général DESMICHELS .
 
 
 
 
 
 
 
 


[1] Voir lettre ci-contre
publié par B.SLAOUTI dans: HISTOIRE
Jeudi 22 Février 2007

 A l’époque où les andalous quittèrent l’Espagne, un certain nombre d'entre eux vinrent se fixer parmi les populations berbères, où ils ne tardèrent pas à acquérir une grande influence par leurs connaissances de la religion ou des lois islamiques. Hommes de paix, ils apportèrent Une médiation bienfaisante dans les luttes qui épuisaient le pays; ils y fondèrent  des établissements et ne tardèrent pas à être recherchés de tous, apportant ainsi un élément de plus dans cette société .

Au Sahara comme dans toute la Kabylie les marabouts font remonter leur origine à une migration venue de SEGUIETE EL HAMRA[1] du sud du Maroc.

 Ainsi, le fondateur de la zaouïa de Ichalladhene venait de ce lieu. C'était Mohammed -ben -Ali chérif descendant certainement de la dynastie Alaouite de la chorfa de TAFALILET de Moulay Chérif Ben Ali Roi du Maroc en 1640.

Il résida d'abord à Moussa N’Ath Ouali, localité située au dessus d’Ichalladhene où il vivait retiré loin de la jouissance du monde, sanctifiant sa solitude par le jeûne et la prière.

Si Mohamed Saïd Ben Ali Chérif demeure alors le maître spiritual de l’époque par la valeur de son enseignement religieux.

Ainsi chaque frère quêteur part muni d’une lettre portant le cachet du Cheikh, sa circonscription est déterminée d'avance et partout le porteur de la bénédiction  (barrakat ech heikh) est bien accueilli. Grâce à la précieuse missive, il revient porteur des biens de toute espèce destinés ensuite à être répartis sur tous les malheureux du pays, ou à être consacrés aux étudiants, car on doit regarder comme une aumône agréable à Dieu le pain donné aux chercheurs de science. 

Si Mohamed Saïd ben Ali Chérif, taleb distingué, est un homme encore jeune, qui a rendu d’énormes services à la cause française dans le pays notamment dans l’oued Soummam à l’époque où BOU BAGHLA souleva les massifs de la Kabylie des Babors et des Bibans. Il Lorsque Bou Baghla exhorta les caïds à se joindre à lui dans l’insurrection c’est alors que Mohamed Saïd ben ali chérif tenta de dissocier ces manœuvres.

Dés lors, Bou Baghla attaqua Ichalladhene malgré le caractère religieux de ce village et afin de se venger sur l’abstention de son ralliement dans l’insurrection ; il rasa ses azibs et lui enleva ses troupeaux. Il ne doit sa vie qu’a l’intervention des gens d’IMOULA engagés dans l’insurrection.

Mais alors qu’il se rendait dans le territoire de Beni Abbés, son jeune fils fût arrêté et ligoté et promené à dos d’âne à travers quelques villages pour subir toutes sortes d’humiliations.

Cet incident avait failli provoquer une scission profonde dans les rangs des combattants engagés dans la lutte avec Bou Baghla .Des gens d’Imoula se dispersèrent pour tendre une embuscade à Bou Baghla  qui perdit huit hommes. Des marabouts intervinrent pour réconcilier les rangs ; on s’entendait pour relâcher le jeune Ben Ali Chérif détenu comme otage et on indemnisa les torts causés aux Imoulas.

Ben Ali Chérif demanda alors la protection de la France et il disait à un officier supérieur

« Je souhaite avant qu’il ne soit trop vous demander la protection contre les insurgés qui gravitent dans les collines et qui un jour ou l’autre vont foncer sur moi et mes hommes. 

 Le général Français remercie Ben ali Cherif de sa fidélité pour la cause Française et lui laissait à son entière disposition un contingents de soldats en attendant des renforts pour mener une offensive ». 

Ainsi la jonction du général Camou et du général Bosquet,   attaquèrent BOU BAGHLA et dispersèrent les kabyles qu’il était encore parvenu à réunir Ils  tuèrent une centaine d’hommes et lui prirent , sa tente et ses bagages. Le 15 Juin 1851, ils arrivèrent à Bejaia. La colonne se remit en marche le 18, s’étant renforcée de deux bataillons pris dans cette ville. Le 24 juin, elle bivouaqua à Ouzellaguen ; le 25, à Ghil N’tagha. Le 27, les Ath Ouzellaguen et les Ath Waghlis ayant reçu un renfort de Zouaoua environnantes, ne craignirent pas d’offrir le combat. Ils furent assez complètement défaits et se sont soumis.

Le 2 juillet 1851, les succès français ont rendu de l’influence à l’ami de la France Si ben Ali Chérif.  Les Illoula, les Ath Waghlis, les Ouzellaguen et quelques autres tribus, sont contraintes de former sous ses auspices, une fédération pour résister aux futures attaques de Bou Baghla. Si ben Ali  Chérif avait été vengé et réinstallé dans sa demeure. Le but qu’on s’était proposé de ce côté-là

Ayant donc été atteint, le général Camou retourna à Alger et le général Bosquet à Sétif, en même temps que le général Saint-Arnaud rentrait à Constantine.

Si Mohamed Saïd ben ali chérif n'en resta pas moins fidèle à la politique française et il fut d’un grand secours, car l'ascendant religieux de ce chef eut pu, tourner contre la France , créer de grands embarras.

Ainsi fut-il décoré de la Légion d'honneur lors d'un voyage qu’il fit Paris en 1851.

II serait étonnant à beaucoup d’égard de voir un marabout, un homme essentiellement religieux, auquel la tradition défend de quitter son pays, adopter des idées européennes.

Ainsi Si ben Ali Chérif, revêtu du haut titre de Bachagha, a épousé la soeur de Bou Akkaz ben Achour agha des Ferdjioua et il quitta alors Ichalladhene, pour descendre à l’azib à proximité d’Akbou ou il dispose d’une splendide résidence.

Cette résidence construite proche de l’oued Soummam sur des terres confisquées[2] aux propriétaires et qui sont traversées par un ruissellement d’eau pour irriguer les jardins verdoyants et des carrés de fleurs entourés de précieux palmiers avec un vaste verger de plantation de mandarine, d’orange et tout autour une abondante forêt d’olivier.

Si Mohamed Saïd ben ali chérif pour ne point se compromettre davantage à la fois aux yeux des insurgés et des autorités françaises quitta la Zaouïa et l’Azib pour rejoindre le cercle militaire de Aumale (Sour el Ghozlane) duquel il dépendait administrativement puis il rejoignit sa famille qui l’avait précédé à Alger ou il possédait également une belle demeure.

Invité par l’empereur Napoléon III à Paris il assista à la distribution des aigles le 10 Mai 1852.

Le caïd Chérif Ameziane Ben Mihoub qui tenta à son tour de prendre la relève et d’intervenir en faveur des français, dû quitter le pays à la hâte pour échapper à la vindicte populaire. Le caïd n’avait pas l’audience de Ben Ali chérif car il savait concilier sa position entre les insurgés et les français et c’est d’ailleurs ce que nous relaterons lors de nos prochaines pages d’histoires notamment le Bachagha ben ali chérif au moment de l’insurrection de 1871.

 


 

 

 

[1] Origine des marabouts déjà cités dans un article précédent

[2] Après l'insurrection de 1871, plus de six cent mille hectares de terres étant entrés dans le domaine de l'État par suite d'appositions de séquestre, des mesures nouvelles furent prises pour la création de centres et la distribution des terres (Décrets des 10 octobre 1872 et 15 juillet 1874). Les lois des 21 juin 1871, 15 septembre 1871 et le décret du 16 octobre 1871 ont concédé des terres non seulement aux AIsaciens-Lorrains mais également à beaucoup d’amis de la France et leur ont même fourni des ressources pécuniaires pour leur 'installation. 

  

 

 

 

publié par B.SLAOUTI dans: HISTOIRE
Jeudi 08 Février 2007

Après la proclamation de la guerre sainte en janvier 1871 par cheikh Mohamed El Mokrani contre le colonialisme Français qu’il poursuivait d’ailleurs jusqu’ à sa mort en date du 5 mai 1871 durant  la bataille de Oued Soufflat .

A partir de ce moment l’étendard de la résistance est remis à son frère Bou Mezrag El Mokrani.

Bien entendu Cheikh Aziz rejeta cette nouvelle situation briguant la direction de la résistance surtout qu’il était l’une des personnalités les plus éminentes autour de laquelle s’étaient regroupés les frères de la Rahmania.

Cependant la situation était tellement maîtrisée par Bou Mezrag que Cheikh Aziz s’empressa de demander la reddition.

Bou Mezrag « Khouni[1] » de vocation possédait déjà une grande influence et il est fort probable que c’est lui qui fit pression sur son frère Mohamed El Mokrani pour l’emmener à prendre les armes même s’il aurait échoué sans l’apport de Cheikh El Haddad de Seddouk.

Pendant quelque temps on chercha à cacher la mort de Mohamed El Mokrani et faire croire qu’il était allé ramener des renforts.

Si Ali Ben Aoud de SENHADJA écrivit même des lettres aux tribus de la vallée de la Soummam pour les tranquilliser et démentir toutes nouvelles de sa mort.

Plus tard, Bou Mezrag préféra annoncer lui-même la mort de son frère et faire connaître sa prise en main du mouvement à une population qui souffrait déjà d’une famine effroyable durant les années 1867,1868 et 1869 alors que l’administration n’a même pas essayé de venir en aide à ces «500 000«malheureux » qui périrent suite à la famine.

En dépit de cette situation l’armée coloniale continuait à les déposséder de leur bien et de leur terre qu’on remettait aux colons venus d'Alsace –Lorraine et du sud de la France.

On soumet même cette population au paiement d’amende dont le montant fut estimé à l’époque 36,5 millions francs.

Devant cette situation plus de 800 000 insurgés dans la Kabylie des Babors et des Bibans fournissaient plus de 200 000 Combattants pour riposter à l’armée coloniale.  

Ainsi des batailles implacables sont menées par Bou Mezrag aux lieux dits « Akal Aberkane et l’oued Soummam » en Juin 1871. On se battait partout malheureusement sans coordination. Les répressions brutales, les vides que l’armée d’occupation pratiquait et le manque de munitions souvent constatés chez les résistants venus de certaines tribus conduisirent un grand nombre à demander la soumission.

En dépit de cette constatation Bou Mezrag continuait la lutte dans la Soummam avec âpreté. Les troupes françaises quoique continuellement renforcées connurent partout de dures épreuves et perdirent beaucoup d’hommes aussi bien dans les rangs des soldats Français que dans celui des Harkis. Les généraux Lallemand, Saussier, Cérès durent déployer toutes leurs sciences militaires pour défendre leur position, attaquer celles des adversaires et venir à bout de petits groupes mal armés, mais très courageux, téméraires et décidés. Ils furent souvent étonnés de les voir battus là, surgir plus loin et reprendre le combat avec détermination. La puissance du feu et le nombre ne les effrayaient guère : Ils demeuraient à leur poste jusqu’à épuisement de leurs cartouches ou jusqu’à leur dernier souffle.

Ses meilleurs soutiens morts, ou découragés par les revers militaires soumis aux autorités d’occupation, la population écrasée par la répression, démunie de tous ses biens nécessaires à sa survie, la lâcheté des uns et la traîtrise des autres d’une part et la puissance ennemie de plus en plus grandissante, Bou Mezrag sentit la partie perdue songea à l’exil. Il quitta l’oued Soummam dans la nuit du 2 au 3 Octobre 1871 précédé de sa famille quelques jours avant. Celle-ci fut interceptée le 8 octobre prés de la Kelaa des Beni Hammad.

Ayant appris cela il s’enfonça vers le Sud.

Après une halte à proximité   de Ouargla, ses compagnons avec son consentement partirent en hâte vers le sud Tunisiens, fuyant les troupes du général Lacroix lancés à leur poursuite le 5 janvier 1872.

Bou Mezrag avait permis le départ de ses compagnons pour détourner de son chemin les poursuivants, mais il fut moins heureux : épuisé en restant six jours sans boire ni manger, il fut ramassé évanoui à Rouissat au sud est de Ouargla par une patrouille française qui passait par la par hasard le 20 Janvier 1872. Transporté au camp du général de Lacroix il se fit connaître puis jeté en prison.

Le 26 Mars 1873 Il fut condamné à la peine capitale par la cour d’Assises de Constantine ; mais sa peine fut commuée à la déportation en nouvelle Calédonie en même temps que Ali et Mohand Amokrane Ou Kaci, si Mohand Ali Ou Sahnoun ; Ali Ameziane ou Kezzouz et si Mohand ou Braham qui furent également déporté à leur tour suivant la condamnation du tribunal de guerre de Blida.

Bou Mezrag sera gracié en janvier 1904, il fut ramené à Alger le 13 Juillet 1905 et mourut le 13 Juin 1906. Il est enterré au cimetière de Sidi M’hamed à Alger. 

Remarque :

Le Général Lapasset disait : « On a semé la haine dans les villages et l’abime crée entre les colons et les indigènes serait un jour ou l’autre comblé par des cadavres ». 

Il ne s’était pas trompé, il y eut une révolte plus tard d’El Amri en 1876, celle des Aurès en 1879 et celle du sud Oranais en 1881. 

La présence Française devait inévitablement tôt ou tard disparaître pour laisser place aux propriétaires du pays dont les racines sont plongées profondément dans la terre depuis les temps immémoriaux. 

Quel est le peuple qui a résisté et gardé sa personnalité et son identité après avoir subi tant d’invasions connus comme le peuple berbère ? 

[1]   Khouni : ayant appris le coran par cœur

 

publié par B.SLAOUTI dans: HISTOIRE
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  •  Histoire d’Algérie de 1830-1962 du ministère  des anciens Moudjahiddines Algérie

 

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  •    Guerre d’Algérie HENRI ALLEG
  •    De la préhistoire à la Kahina de G.Mouloud
  •    Annales Algériennes- Pélissier de Reynaud
  •    Colonisation de l’Algérie 1830- 1860-Achille Fillias.
  • Chronologie de gueurre d'algérie par Catherine  Gouëset
  • La comparaison des chronologies Française et Algérienne peut être consultée  sur l'Album photos  ci-dessous .    

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