La défaite infligée par l’Emir Abdelkader à l’armée Française à
A Alger le compte d’ERLON n’avait ni blâmé, ni approuvé la conduite du général TREZEL.Des renforts sont alors envoyés avec la nomination du général d’ARLANGES en remplacement du Général TREZEL et le Maréchal Clauzel nommé gouverneur général arriva à ALGER le
La première mission du maréchal Clauzel est de venger l’honneur de

Première brigade : Général Oudinot
Deuxième Brigade : Général Perrégaux
Troisième Brigade : Général d’Arlanges
Quatrième Brigade : Colonel Combes
Réserve : Lieutenant-colonel Beaufort
L’Emir Abdelkader sachant cette expédition fait fermer les brèches de la ville, construit des ouvrages en terre derrières lesquels se sont abrités les kabyles que lui avait emmener BOU-HAMEDI et placer sur les remparts des pièces de canons.
Ferdinand Philippe DUC D’ORLEANS raconte dans son journal :
« La bataille avait débuté à 4 heures de l’après midi sous un ciel chargé d’orage. Elle s’acheva à 7 heures. Les troupes françaises, inquiétées encore sur leur arrière par un fort parti de la cavalerie que le colonel Combes dispersa au canon, franchirent les ravins et le cimetière encombré de cadavres. Les spahis poursuivirent les derniers fuyards en corps à corps.
Il fallut ouvrir à coups de pioche un chemin à travers ces montagnes escarpées, ces mamelons broussailleux, ces ravins abrupts et ces amas de rochers, il n’y a pas de route. Il faut que le génie, commandé par le colonel Lemercier, fraye un chemin aux voitures.
L'Emir
Abdelkader, qui, dans cette journée, manoeuvra de son côté aussi bien que le lui permettaient les éléments qu’il avait entre les mains, forcé de renoncer à son attaque de flanc, se porta par les montagnes, et s’établit perpendiculairement à la direction dans une position formidable, sa droite appuyée à un bois et sa gauche aux montagnes. Son artillerie prit position à gauche sur un mamelon attenant aux montagnes, où il pouvait se retirer, en cas de revers. Il attendit ainsi dans un lieu resserré où il restait maître de sa retraite.
Le choix de cette position, et les dispositions qu’il prit pour la défendre, auraient fait honneur à un général Français.
Le maréchal Clauzel avança avec ses hommes après plusieurs jours de combats incessants, il parvint à Mascara le
«On fit l’inventaire de ce qu’Abd el kader avait laissé, de l’orge qui permit aux chevaux très éprouvés de se refaire, du biscuit, du soufre. L’émir avait installé une manufacture d’armes où nous trouvâmes vingt-deux pièces de canon et tout un attirail relativement moderne, capable de fabriquer trois fusils par jour ».
Le 11 Décembre, toute l’armée descendit dans la plaine. On tirailla encore un peu ce jour-là. Le
Il reviendra en automne 1839 puis en Mars 1840 emmenant avec lui son jeune frère le Duc d’Aumale et c’est là une autre page d’histoire. 
Après la ratification du traité DESMICHELS par les deux parties, l’Emir Abdelkader avait envoyé au général DROUET d’Erlon par l’intermediare du Juif Ben-Durand une copie dans laquelle le commandement d’Oran avait apposé son cachet.
Le Générale Drouet avait vu dans cette pièce jusque là demeurée méconnue un traité secret :
Il avait demandé alors et obtenu le changement du général DESMICHELS et son remplacement par le général TREZEL.
Dans son livre DESMICHELS n’a pas manqué de préciser par contre que son départ est intervenu parce que il avait observé une sécheresse de correspondance du gouverneur occasionné d’après ses dires par une divergence inattendue des opinions sur le système politique à suivre.
Dés lors il avait vu l’impossibilité de servir sous ses ordres : c’est alors qu’il a demandé son rappel en France.
1835, les chefs des tribus des Douëras et des Zmélas vaincues par l’Emir Abdelkader et le général Desmichels étaient entrés en pourparler avec le Général TREZEL et lui avait offert de se soumettre à la condition que les deux tribus formeraient comme du temps des Turcs, le Makhezène de la province relevant directement du commandement d’Oran et viendraient s’établir à Meserghine ou l’armée
construirait à leur frais un blockhaus pour les protéger.
Il écrivit au général Drouet d’Erlon et lui demanda l’autorisation de traiter d’après les bases indiquées.
Les pourparlers ont aboutis alors à la convention du figuier signée le16 Juin 1835.[1]
L’Emir Abdelkader ayant appris la ratification de la convention du figuier, il écrivit au général Trézel une lettre dont voici la teneur :
« Vous savez à quelle conditions le général Desmichels s’est engagé avant vous , et vous
Aujourd’hui, si vous ôtez votre protection de dessus ces tribus et que vous me les laissiez commander comme autrefois, rien de mieux ; mais si vous voulez contrevenir à ce qui a été convenu, demandez votre consul Abdellah auprès de vous, car combien même les Douërs et les Zmélas entreraient dans Oran, je ne retirerais pas la main que j’ai levé sur eux, à moins qu’ils ne fassent pénitence de leur faute. Notre religion me défend en effet de me prêter à ce qu’un musulman soit sous la puissance d’un chrétien ou d’un homme d’une autre religion.
Voyez donc ce qu’il vous conviendra de faire ; autrement c’est Dieu qui décidera ».
Dés lors, il était facile de prévoir, d’après le langage tenu de part et d’autre que les hostilités ne pouvaient tarder à se poursuivre. Elles commencent en effet le 25 Juin pour se terminer le
Le général Trézel est alors vaincu après avoir subi le plus douloureux épisodes de la guerre.
Il rentrait à Arzew après avoir eu selon ses déclarations 280 tués, 500 blessés et 17 prisonniers que l’Emir Abdelkader avait pris sous sa protection.
[1] Voir convention ci-contre


J’ai appris, par la lettre que vous m’avezécrite et par les députés que le général Desmichels m’a envoyés de votre part, que les hostilités avaient cessé entre les Arabes et les troupes de la division d’Oran. J’en rends grâce à Dieu, car quoique j’aie assez d’hommes et de canons pour ne redouter personne, je désire la paix, source de tous les biens. Je vois avec une vive satisfaction que c’est à vos dispositions pacifiques que nous devons la cessation des hostilités. En employant votre influence au rétablissement de la paix, vous vous êtes conduit en homme grand et généreux, qui n’arrête pas ses regards sur le moment présent, mais qui les porte sur l’avenir. En effet, la paix entre les Français et tous les Arabes sera féconde en avantages, non seulement pour nous mais pour nos enfants et petits-enfants […]."Alger, le 24 mars 1834 (extrait de : Ecrivains militaires de l’ancien évêché de Bâle

A l’époque où les andalous quittèrent l’Espagne, un certain nombre d'entre eux vinrent se fixer parmi les populations berbères, où ils ne tardèrent pas à acquérir une grande influence par leurs connaissances de la religion ou des lois islamiques. Hommes de paix, ils apportèrent Une médiation bienfaisante dans les luttes qui épuisaient le pays; ils y fondèrent des établissements et ne tardèrent pas à être recherchés de tous, apportant ainsi un élément de plus dans cette société .
Au Sahara com
me dans toute
Ainsi, le
Il résida d'abord à Moussa N’Ath Ouali, localité située au dessus d’Ichalladhene où il vivait retiré loin de la jouissance du monde, sanctifiant sa solitude par le jeûne et la prière.
Si Mohamed Saïd Ben Ali Chérif demeure alors le maître spiritual de l’époque par la valeur de son enseignement religieux.
Ainsi chaque frère quêteur part muni d’une lettre portant le cachet du Cheikh, sa circonscription est déterminée d'avance et partout le porteur de la bénédiction (barrakat ech heikh) est bien accueilli. Grâce à la précieuse missive, il revient porteur des biens de toute espèce destinés ensuite à être répartis sur tous les malheureux du pays, ou à être consacrés aux étudiants, car on doit regarder comme une aumône agréable à Dieu le pain donné aux chercheurs de science.
Si Mohamed Saïd ben Ali Chérif, taleb distingué, est un ho
Dés lors, Bou Baghla attaqua Ichalladhene malgré le caractère religieux de ce village et afin de se venger sur l’abstention de son ralliement dans l’insurrection ; il rasa ses azibs et lui enleva ses troupeaux. Il ne doit sa vie qu’a l’intervention des gens d’IMOULA engagés dans l’insurrection.
Mais alors qu’il se rendait dans le territoire de Beni Abbés, son jeune fils fût arrêté et ligoté et promené à dos d’âne à travers quelques villages pour subir toutes sortes d’humiliations.
Cet incident avait failli provoquer une scission profonde dans les rangs des combattants engagés dans la lutte avec Bou Baghla .Des gens d’Imoula se dispersèrent pour tendre une embuscade à Bou Baghla qui perdit huit hommes. Des marabouts intervinrent pour réconcilier les rangs ; on s’entendait pour relâcher le jeune Ben Ali Chérif détenu comme otage et on indemnisa les torts causés aux Imoulas.
Ben Ali Chérif
demanda alors la protection de
Le général Français remercie Ben ali Cherif de sa fidélité pour la cause Française et lui laissait à son entière disposition un contingents de soldats en attendant des renforts pour mener une offensive ».
Ainsi la jonction du général Camou et du général Bosquet, attaquèrent BOU BAGHLA et dispersèrent les kabyles qu’il était encore parvenu à réunir Ils tuèrent une centaine d’hommes et lui prirent , sa tente et ses bagages. Le
’offrir le combat. Ils furent assez complètement défaits et se sont soumis.
Le
Ayant donc été atteint, le général Camou retourna à Alger et le général Bosquet à Sétif, en même temps que le général Saint-Arnaud rentrait à Constantine.
Si Mohamed Saïd ben ali chérif n'en resta pas moins fidèle à la politique française et il fut d’un grand secours, car l'ascendant religieux de ce chef eut pu, tourner contre
Ainsi fut-il décoré de
II serait étonnant à beaucoup d’égard de voir un marabout, un homme essentiellement religieux, auquel la tradition défend de quitter son pays, adopter des idées européennes. 
Ainsi Si ben Ali Chérif, revêtu du haut titre de Bachagha, a épousé la soeur de Bou Akkaz ben Achour agha des Ferdjioua et il quitta alors Ichalladhene, pour descendre à l’azib à proximité d’Akbou ou il dispose d’une splendide résidence.
Si Mohamed Saïd ben ali chérif pour ne point se compromettre davantage à la fois aux yeux des insurgés et des autorités françaises quitta
Invité par l’empereur Napoléon III à Paris il assista à la distribution des aigles le
Le caïd Chérif Ameziane Ben Mihoub qui tenta à son tour de prendre la relève et d’intervenir en faveur des français, dû quitter le pays à la hâte pour échapper à la vindicte populaire. Le caïd n’avait pas l’audience de Ben Ali chérif car il savait concilier sa position entre les insurgés et les français et c’est d’ailleurs ce que nous relaterons lors de nos prochaines pages d’histoires notamment le Bachagha ben ali chérif au moment de l’insurrection de 1871.
[1] Origine des marabouts déjà cités dans un article précédent
[2] Après l'insurrection de 1871, plus de six cent mille hectares de terres étant entrés dans le domaine de l'État par suite d'appositions de séquestre, des mesures nouvelles furent prises pour la création de centres et la distribution des terres (Décrets des

A partir de ce moment l’étendard de la résistance est remis à son frère Bou Mezrag El Mokrani.
Bien entendu Cheikh Aziz rejeta cette nouvelle situation briguant la direction de la résistance surtout qu’il était l’une des personnalités les plus éminentes autour de laquelle s’étaient regroupés les frères de
Cependant la situation était tellement maîtrisée par Bou Mezrag que Cheikh Aziz s’empressa de demander la reddition.
Bou Mezrag « Khouni[1] » de vocation possédait déjà une grande influence et il est fort probable que c’est lui qui fit pression sur son frère Mohamed El Mokrani pour l’emmener à prendre les armes même s’il aurait échoué sans l’apport de Cheikh El Haddad de Seddouk.
Pendant quelque temps on chercha à cacher la mort de Mohamed El Mokrani et faire croire qu’il était allé ramener des renforts.
Si Ali Ben Aoud de SENHADJA écrivit même des lettres aux tribus de la vallée de
Plus tard, Bou Mezrag préféra annoncer lui-même la mort de son frère et faire connaître sa prise en main du mouvement à une population qui souffrait déjà d’une famine effroyable durant les années 1867,1868 et 1869 alors que l’administration n’a même pas essayé de venir en aide à ces «500 000«malheureux » qui périrent suite à la famine.
En dépit de cette situation l’armée coloniale continuait à les déposséder de leur bien et de leur terre qu’on remettait aux colons venus d'Alsace –Lorraine et du sud de
On soumet même cette population au paiement d’amende dont le montant fut estimé à l’époque 36,5 millions francs.
Devant cette situation plus de
En dépit de cette constatation Bou Mezrag continuait la lutte dans
Les généraux Lallemand, Saussier, Cérès durent déployer toutes leurs sciences militaires pour défendre leur position, attaquer celles des adversaires et venir à bout de petits groupes mal armés, mais très courageux, téméraires et décidés. Ils furent souvent étonnés de les voir battus là, surgir plus loin et reprendre le combat avec détermination. La puissance du feu et le nombre ne les effrayaient guère : Ils demeuraient à leur poste jusqu’à épuisement de leurs cartouches ou jusqu’à leur dernier souffle.
Ses meilleurs soutiens morts, ou découragés par les revers militaires soumis aux autorités d’occupation, la population écrasée par la répression, démunie de tous ses biens nécessaires à sa survie, la lâcheté des uns et la traîtrise des autres d’une part et la puissance ennemie de plus en plus grandissante, Bou Mezrag sentit la partie perdue songea à l’exil. Il quitta l’oued Soummam dans la nuit du 2 au
Ayant appris cela il s’enfonça vers le Sud.
Bou Mezrag avait permis le départ de ses compagnons pour détourner de son chemin les poursuivants, mais il fut moins heureux : épuisé en restant six jours sans boire ni manger, il fut ramassé évanoui à Rouissat au sud est de Ouargla par une patrouille française qui passait par la par hasard le
Le
Bou Mezrag sera gracié en janvier 1904, il fut ramené à Alger le
Remarque :
Le Général Lapasset disait : « On a semé la haine dans les villages et l’abime crée entre les colons et les indigènes serait un jour ou l’autre comblé par des cadavres ».
Il ne s’était pas trompé, il y eut une révolte plus tard d’El Amri en 1876, celle des Aurès en 1879 et celle du sud Oranais en 1881.
La présence Française devait inévitablement tôt ou tard disparaître pour laisser place aux propriétaires du pays dont les racines sont plongées profondément dans la terre depuis les temps immémoriaux.
Quel est le peuple qui a résisté et gardé sa personnalité et son identité après avoir subi tant d’invasions connus comme le peuple berbère ?
[1] Khouni : ayant appris le coran par cœur
beau faire croître l'effort, varier les méthodes, il n'en ré
sulte jamais qu'une évidence qui est l'impossibilité de séparer l'observateur de la chose observée et l'histoire de l'historien. 