aled El Hachemi ben Abdelkader petit fils de l’Emir Abdelkader naquit à Damas le
En 1892, il entra à l’académie militaire de St –Cyr en France, il sortit en 1897.
De 1907 à 1919, il participe dans les rangs de l’armée Française à des campagnes militaires notamment au Maroc et dans la première guerre mondiale.
En Mai 1919, alors âgé de 44 ans, il revint en Algérie et écrit une lettre au Président des états unis (WILSON) dans laquelle il cite : « Nous nous attendions à vivre en paix cote à cote (les Français) et en association avec les nouveaux occupants nous basant sur les déclarations officielles et solennelles ».
En voici la teneur :
Nous avons l’honneur de soumettre à votre haute appréciation et à votre esprit de justice, un exposé succinct de la situation actuelle de l’Algérie, résultant du fait de son occupation par
Dans une lutte inégale, mais qui a été cependant tout à l’honneur de nos pères, les Algériens ont combattu pendant 17 ans, avec une énergie et une ténacité incomparable, pour refouler l’agresseur et vivre indépendant. Le sort des armes ne leur fut malheureusement pas favorable.
Depuis 89 ans, que nous sommes sous la domination française, le paupérisme ne fait qu’augmenter chez nous, pendant que les vainqueurs s’enrichissent à nos dépens.
La convention signée par le
La loi de
En débarquant à Alger, le
« Lorsqu’il y a 35 ans, disait il ,
Nous nous attendions à vivre en paix, cote à cote et en association avec les nouveaux occupants, nous basant sur ses déclarations officielles et solennelles.
Par la suite, nous nous sommes aperçus, hélas ! À nos détriments que d’aussi belles promesses ne devaient subsister qu’en paroles. En effet, comme au temps des Romains, les français refoulèrent progressivement les vaincus en s’appropriant les plaines fertiles et les plus riches contrées.
Jusqu’ a nos jours, on continue de créer de nouveaux centres de colonisation, en soulevant aux indigènes les bonnes terres qui leur restent, sous le prétexte intitulé « Expropriation pour cause d’utilité publique »
Les biens Habous, qui se chiffrant par des centaines de millions de francs, et qui servaient à l’entretien des monuments religieux et à venir en aide aux pauvres, ont été pris et repartis entre les européens, chose extrêmement grave étant donné la destination précise et religieuse qu’avaient assignée à ces biens leurs donateurs.
De nos jours , malgré la loi de séparation des Eglise et de l’état, le peu de biens Habous qui reste est géré par l’administration Française, sous le couvert d’une cultuelle dont les membres serviles ont été choisis par elle. Inutile d’ajouter qu’ils ne possèdent aucune autorité.
Contrairement à notre religion .l’administration profite de toutes les occasions surtout pendant cette guerre, pour organiser dans nos mosquées et nos lieux saints des manifestations politiques, En présence d’une foule composée surtout de fonctionnaires, on fait lire des discours préparés pour la circonstance, par les chefs de culte, et on pousse même le sacrilège jusqu'à faire participer la musique militaire à ces manifestations humiliantes pour l’esprit religieux du musulman.
Voila ce qu’on fait des déclarations du Général de Bourmont du
Pendant 89 ans, l’indigène a été accablé sous le poids des impôts : Impôts français et Impôts arabe antérieurs à la conquête et maintenus par les nouveaux conquérants.
En consultant la balance des recettes et des dépenses de l’Algérie, on voit aisément que des indigènes surtaxés, la répartition du budget ne tient presque aucun compte de leurs besoins spéciaux. Plusieurs tribus sont sans route et la grande majorité de nos enfants sans école.
Grâce à nos sacrifices, on a pu créer une Algérie Française très prospère, ou la culture de la vigne s’étend à perte de vue ; le pays est sillonné de chemin de fers et de routes entre les villages européens .Pas loin d’Alger, on trouve des tribus entières, dont le territoire très peuplés. Pauvres et abruptes sont, sans voie de communication. Des agglomérations importantes sont dépourvues de tout. Comme au temps d’Abraham, on y puise l’eau avec des peaux de boucs, dans des citernes ou des puits à ciel ouvert. C’est ainsi qu’en tout et pour tout la part des plus nombreux est la plus faible, et la charge des plus pauvres est la plus forte.
Sous un régime dit républicain, la majeure partie de la population est régie par des lois spéciales qui feraient honte aux barbare eux-mêmes .Et ce qui est typique, c’est que certaine de ces lois qui instituent des tribunaux d’exception (Tribunaux répressifs et cour criminelle) datent des
Pour que nous ne soyons pas taxés d’exagération, nous joignons à cette requête deux brochures écrites par deux Français d’Algérie :
MM.François Marneur, avocat à la cour d’appel d’Alger, et Charles Michel, conseiller général et maire de Tébessa .Elles sont édifiantes sur l’odieuse injustice de ces lois ;
Un autre exemple démontrera la violation de la parole donnée, la voici :
Avant 1912, les troupes indigènes étaient recrutées par voie d’engagement militaire, moyennant quelques avantages offerts aux engagés. Ces avantages furent supprimés progressivement et on arriva, en 1912, à la conscription obligatoire, d’abord partielle (10% du contingent), ensuite totale et cela malgré les énergiques protestations des indigènes. L’impôt du sang nous a été appliqué en violation des principes les plus élémentaires de la justice.
Appauvris , asservis et avilis par le droit du plus fort, nous n’avions jamais pu croire cependant, qu’une pareille charge, réservée aux seuls citoyens Français, jouissent de tous les droits , viendrait un jour peser sur nos épaules.
Des centaines de milliers des nôtres sont tombés sur les différents champs de bataille, luttant malgré eux contre des peuples qui n’en voulait ni à leur vie, ni à leur bien.
Les veuves, les orphelins et les mutilés de cette guerre ont des traitements ou des subsides inférieurs même à ceux des néo-français. Beaucoup de blessés, incapables de tout travail, viennent grossir les rangs des malheureux qui pullulent dans les villes et les campagnes.
Il est bien facile à l’observateur impartial, de constater la grande misère des indigènes .A Alger même, des centaines d’enfants des deux sexes déguenillés et rachitiques, traînent leur misère dans les rues en sollicitant la charité publique.
En présence de ces faits navrants, le gouvernement Général de l’Algérie reste absolument indifférent.
Sus le fallacieux prétexte de ne pas porter atteinte à la liberté, les mœurs sont complètement relâchées et les boissons alcooliques sont servies à profusion aux indigènes dans les cafés.
En vaincus résignés, nous avons supporté tous ces malheurs, en attendant et en espérant des jours meilleurs.
La déclaration solennelle suivante : » Aucun peuple ne peut être contraint de vivre sous une souveraineté qu’il répudie », faite par vous en Mai 1917 dans votre message à
Mais sous la tutelle draconienne de l’administration algérienne, les indigènes sont arrivés à un degré d’asservissement tel, qu’ils sont devenus incapables de récriminer, la crainte d’une répression impitoyable ferme toutes les bouches.
Malgré cela nous venons au nom de nos compatriotes, faire appel aux nobles sentiments de l’honorable Président de la libre Amérique :
Nous demandons l’envoi de délégués choisis librement par nous pour décider de notre sort futur, sou l’égide de la société des nations.
Vos 14 conditions de paix mondiale, Monsieur le Président, acceptées par les alliés et les puissances centrales, doivent servir de base à l’affranchissement de tous les petits peuples opprimés, sans distinction de race ni de religion.
Vous représentez aux yeux du monde entier le digne porte drapeau du droit et de la justice, Vous n’êtes entré dans cette guerre gigantesque que pour les étendre à tous les peuples. Nous avons une foi ardente en votre parole sacrée. Cette requête est faite pour éclairer votre religion et attirer votre bienveillante attention sur notre situation de parias.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre haute considération.
Après la signature par les deux parties du traité de TAFNA le 30 Mai 1837, le maréchal VALLEE s’appliquait à consolider sa puissance, l’Emir Abdelkader quant à lui cherchait à reconstituer la nationalité Arabe dont il est le souverain.
Dans son article 2 entériné par l’Emir Abdelkader il lui est reconnu uniquement d’administrer la province d’Oran celle du Titterie et une partie de celle d’Alger.
L’Emir Abdelkader voyait surtout d’un œil jaloux l’autorité Française qui allait prendre racine dans la majorité du territoire du pays en regrettant quelque peu les dispositions du traité de Tafna.
Il attendit qu’on lui fournisse un prétexte pour recommencer une lutte, les hommes étaient aguerris, les magasins largement approvisionnés, il ne lui manquait plus que de solides alliances et il comptait les trouver Chez le marabout Tidjani de Laghouat et parmi les tribus kabyles.
Il leur écrit :
«Allah s’est servi des infidèles pour chasser les tyrans (Turcs) : il faut maintenant se réunir contre les infidèles ».
Les kabyles sous le commandement de si Chérif Ben Salem qui les conjura au nom du prophète à se joindre à l’Emir pour chasser les infidèles n’ont pu êtres approvisionner davantage en munitions lors de l’attaque de la garnison de BOUDOUAOU.
Devenus chair à canons après une lutte de douze heures ils abandonnèrent le champ de bataille sans consentir à voir l’Emir ni aller plus loin.
Ce dernier étant préoccupé dans la pleine de la Mitidja à l’offensive des troupes françaises qui avaient reçu des renforts pour occuper Blida et la chiffa.
L’Emir Abdelkader en voyant ses efforts peu soutenu contre l’implantation de la colonisation dans la MITIDJA, se décida de faire une visite aux arches kabyles de la vallée de la Soummam.
Il toucha d’abord les Zammoum, les kaçi et certaines familles maraboutiques de moindre importance.
Il s’était avancé à la fin de 1837 dans le Hamza (Bouira) ou il exécuta dans les premiers jours de 1838 une grande Razzia chez les Ouled Zitoun.
En juin 1838, l’Emir Abdelkader se rend chez le marabout TIDJANI de Laghouat, chef d’une famille illustre et qui exerçait sur les tribus environnantes une sorte de souveraineté. La ville populeuse et riche protégée par de solides remparts devait offrir à l’Emir Abdelkader de précieuses ressources et pouvait devenir la capitale de son royaume.
Abdelkader somme donc TIDJANI d’abord de le reconnaître comme chef des arabes et de lui livrer la ville - TIDJANI refusa.
L’Emir Abdelkader crut qu’il lui serait facile de vaincre l’obstination du cheikh, mais sa troupe constamment harcelée fut impuissante et après huit mois de lutte opiniâtre, il dut lever le camp.
En 1839, l’Emir Abdelkader revint en Kabylie et tenta d’attirer à sa cause les populations de la Kabylie de la vallée de la Soummam.
Présentez-vous en pèlerin, lui dirent les cheikhs, vous serez le bien venu, mais gardez vous de parler en maître !
Il passa à AKBOU ou il s’entretient avec les marabouts et les notables, il descendit ensuite dans la vallée pour s’arrêter à la Zaouïa de sidi Maamar en face de Bejaia, L’un de ses serviteurs pour une raison inconnue de l’assistance mais porteur d’un message prit son cheval et parti au galop vers Bejaia. Quelques jours après, un courrier venant du commandant de la place vint solliciter audience à l’Emir.
Pour ce dernier il n y avait là rien de surprenant un simple échange de courtoisie entre allié suivant le traité de la TAFNA.
Les kabyles ne comprirent pas « ces échanges de courtoisie. » ils l’accusent de violer l’hospitalité en entretenant des bons rapports avec l’ennemi qui peut en n’importe quel moment surgir sur eux. Ils profèrent des menaces d’arrêter l’Emir Abdelkader.
Cependant des notables et marabouts intervinrent pour défendre l’Emir Abdelkader qu’ils accompagnèrent au delà de la limite kabyle de la région.
« Salut sur tous les kabyles et sur tous leurs notables et leurs marabouts. Sachez que les Français ont formé le dessein de débarquer et de s’emparer de la capitale de l’Algérie. Vous êtes renommés pour votre courage et votre dévouement à L’islam .L’Odjak vous appelle à la guerre sainte pour que vous en retiriez les avantages , dans ce monde et dans l’autre, à l’instar de vos ancêtres qui ont combattu dans la première guerre sainte contre Charles Quinte en 1541.
Installés sur le plateau de Staouéli et les attaques contre l’envahisseur furent nombreuses et meurtrières pour l’ennemi.Les kabyles se montrèrent très adroits, courageux et persévérants dans le harcèlement des troupes ennemis qui progressaient à l’abri de leur artillerie qui fusait de partout.
beau faire croître l'effort, varier les méthodes, il n'en ré
sulte jamais qu'une évidence qui est l'impossibilité de séparer l'observateur de la chose observée et l'histoire de l'historien. 