Jeudi 22 Février 2007

 A l’époque où les andalous quittèrent l’Espagne, un certain nombre d'entre eux vinrent se fixer parmi les populations berbères, où ils ne tardèrent pas à acquérir une grande influence par leurs connaissances de la religion ou des lois islamiques. Hommes de paix, ils apportèrent Une médiation bienfaisante dans les luttes qui épuisaient le pays; ils y fondèrent  des établissements et ne tardèrent pas à être recherchés de tous, apportant ainsi un élément de plus dans cette société .

Au Sahara comme dans toute la Kabylie les marabouts font remonter leur origine à une migration venue de SEGUIETE EL HAMRA[1] du sud du Maroc.

 Ainsi, le fondateur de la zaouïa de Ichalladhene venait de ce lieu. C'était Mohammed -ben -Ali chérif descendant certainement de la dynastie Alaouite de la chorfa de TAFALILET de Moulay Chérif Ben Ali Roi du Maroc en 1640.

Il résida d'abord à Moussa N’Ath Ouali, localité située au dessus d’Ichalladhene où il vivait retiré loin de la jouissance du monde, sanctifiant sa solitude par le jeûne et la prière.

Si Mohamed Saïd Ben Ali Chérif demeure alors le maître spiritual de l’époque par la valeur de son enseignement religieux.

Ainsi chaque frère quêteur part muni d’une lettre portant le cachet du Cheikh, sa circonscription est déterminée d'avance et partout le porteur de la bénédiction  (barrakat ech heikh) est bien accueilli. Grâce à la précieuse missive, il revient porteur des biens de toute espèce destinés ensuite à être répartis sur tous les malheureux du pays, ou à être consacrés aux étudiants, car on doit regarder comme une aumône agréable à Dieu le pain donné aux chercheurs de science. 

Si Mohamed Saïd ben Ali Chérif, taleb distingué, est un homme encore jeune, qui a rendu d’énormes services à la cause française dans le pays notamment dans l’oued Soummam à l’époque où BOU BAGHLA souleva les massifs de la Kabylie des Babors et des Bibans. Il Lorsque Bou Baghla exhorta les caïds à se joindre à lui dans l’insurrection c’est alors que Mohamed Saïd ben ali chérif tenta de dissocier ces manœuvres.

Dés lors, Bou Baghla attaqua Ichalladhene malgré le caractère religieux de ce village et afin de se venger sur l’abstention de son ralliement dans l’insurrection ; il rasa ses azibs et lui enleva ses troupeaux. Il ne doit sa vie qu’a l’intervention des gens d’IMOULA engagés dans l’insurrection.

Mais alors qu’il se rendait dans le territoire de Beni Abbés, son jeune fils fût arrêté et ligoté et promené à dos d’âne à travers quelques villages pour subir toutes sortes d’humiliations.

Cet incident avait failli provoquer une scission profonde dans les rangs des combattants engagés dans la lutte avec Bou Baghla .Des gens d’Imoula se dispersèrent pour tendre une embuscade à Bou Baghla  qui perdit huit hommes. Des marabouts intervinrent pour réconcilier les rangs ; on s’entendait pour relâcher le jeune Ben Ali Chérif détenu comme otage et on indemnisa les torts causés aux Imoulas.

Ben Ali Chérif demanda alors la protection de la France et il disait à un officier supérieur

« Je souhaite avant qu’il ne soit trop vous demander la protection contre les insurgés qui gravitent dans les collines et qui un jour ou l’autre vont foncer sur moi et mes hommes. 

 Le général Français remercie Ben ali Cherif de sa fidélité pour la cause Française et lui laissait à son entière disposition un contingents de soldats en attendant des renforts pour mener une offensive ». 

Ainsi la jonction du général Camou et du général Bosquet,   attaquèrent BOU BAGHLA et dispersèrent les kabyles qu’il était encore parvenu à réunir Ils  tuèrent une centaine d’hommes et lui prirent , sa tente et ses bagages. Le 15 Juin 1851, ils arrivèrent à Bejaia. La colonne se remit en marche le 18, s’étant renforcée de deux bataillons pris dans cette ville. Le 24 juin, elle bivouaqua à Ouzellaguen ; le 25, à Ghil N’tagha. Le 27, les Ath Ouzellaguen et les Ath Waghlis ayant reçu un renfort de Zouaoua environnantes, ne craignirent pas d’offrir le combat. Ils furent assez complètement défaits et se sont soumis.

Le 2 juillet 1851, les succès français ont rendu de l’influence à l’ami de la France Si ben Ali Chérif.  Les Illoula, les Ath Waghlis, les Ouzellaguen et quelques autres tribus, sont contraintes de former sous ses auspices, une fédération pour résister aux futures attaques de Bou Baghla. Si ben Ali  Chérif avait été vengé et réinstallé dans sa demeure. Le but qu’on s’était proposé de ce côté-là

Ayant donc été atteint, le général Camou retourna à Alger et le général Bosquet à Sétif, en même temps que le général Saint-Arnaud rentrait à Constantine.

Si Mohamed Saïd ben ali chérif n'en resta pas moins fidèle à la politique française et il fut d’un grand secours, car l'ascendant religieux de ce chef eut pu, tourner contre la France , créer de grands embarras.

Ainsi fut-il décoré de la Légion d'honneur lors d'un voyage qu’il fit Paris en 1851.

II serait étonnant à beaucoup d’égard de voir un marabout, un homme essentiellement religieux, auquel la tradition défend de quitter son pays, adopter des idées européennes.

Ainsi Si ben Ali Chérif, revêtu du haut titre de Bachagha, a épousé la soeur de Bou Akkaz ben Achour agha des Ferdjioua et il quitta alors Ichalladhene, pour descendre à l’azib à proximité d’Akbou ou il dispose d’une splendide résidence.

Cette résidence construite proche de l’oued Soummam sur des terres confisquées[2] aux propriétaires et qui sont traversées par un ruissellement d’eau pour irriguer les jardins verdoyants et des carrés de fleurs entourés de précieux palmiers avec un vaste verger de plantation de mandarine, d’orange et tout autour une abondante forêt d’olivier.

Si Mohamed Saïd ben ali chérif pour ne point se compromettre davantage à la fois aux yeux des insurgés et des autorités françaises quitta la Zaouïa et l’Azib pour rejoindre le cercle militaire de Aumale (Sour el Ghozlane) duquel il dépendait administrativement puis il rejoignit sa famille qui l’avait précédé à Alger ou il possédait également une belle demeure.

Invité par l’empereur Napoléon III à Paris il assista à la distribution des aigles le 10 Mai 1852.

Le caïd Chérif Ameziane Ben Mihoub qui tenta à son tour de prendre la relève et d’intervenir en faveur des français, dû quitter le pays à la hâte pour échapper à la vindicte populaire. Le caïd n’avait pas l’audience de Ben Ali chérif car il savait concilier sa position entre les insurgés et les français et c’est d’ailleurs ce que nous relaterons lors de nos prochaines pages d’histoires notamment le Bachagha ben ali chérif au moment de l’insurrection de 1871.

 


 

 

 

[1] Origine des marabouts déjà cités dans un article précédent

[2] Après l'insurrection de 1871, plus de six cent mille hectares de terres étant entrés dans le domaine de l'État par suite d'appositions de séquestre, des mesures nouvelles furent prises pour la création de centres et la distribution des terres (Décrets des 10 octobre 1872 et 15 juillet 1874). Les lois des 21 juin 1871, 15 septembre 1871 et le décret du 16 octobre 1871 ont concédé des terres non seulement aux AIsaciens-Lorrains mais également à beaucoup d’amis de la France et leur ont même fourni des ressources pécuniaires pour leur 'installation. 

  

 

 

 

publié par B.SLAOUTI dans: HISTOIRE
Jeudi 08 Février 2007

Après la proclamation de la guerre sainte en janvier 1871 par cheikh Mohamed El Mokrani contre le colonialisme Français qu’il poursuivait d’ailleurs jusqu’ à sa mort en date du 5 mai 1871 durant  la bataille de Oued Soufflat .

A partir de ce moment l’étendard de la résistance est remis à son frère Bou Mezrag El Mokrani.

Bien entendu Cheikh Aziz rejeta cette nouvelle situation briguant la direction de la résistance surtout qu’il était l’une des personnalités les plus éminentes autour de laquelle s’étaient regroupés les frères de la Rahmania.

Cependant la situation était tellement maîtrisée par Bou Mezrag que Cheikh Aziz s’empressa de demander la reddition.

Bou Mezrag « Khouni[1] » de vocation possédait déjà une grande influence et il est fort probable que c’est lui qui fit pression sur son frère Mohamed El Mokrani pour l’emmener à prendre les armes même s’il aurait échoué sans l’apport de Cheikh El Haddad de Seddouk.

Pendant quelque temps on chercha à cacher la mort de Mohamed El Mokrani et faire croire qu’il était allé ramener des renforts.

Si Ali Ben Aoud de SENHADJA écrivit même des lettres aux tribus de la vallée de la Soummam pour les tranquilliser et démentir toutes nouvelles de sa mort.

Plus tard, Bou Mezrag préféra annoncer lui-même la mort de son frère et faire connaître sa prise en main du mouvement à une population qui souffrait déjà d’une famine effroyable durant les années 1867,1868 et 1869 alors que l’administration n’a même pas essayé de venir en aide à ces «500 000«malheureux » qui périrent suite à la famine.

En dépit de cette situation l’armée coloniale continuait à les déposséder de leur bien et de leur terre qu’on remettait aux colons venus d'Alsace –Lorraine et du sud de la France.

On soumet même cette population au paiement d’amende dont le montant fut estimé à l’époque 36,5 millions francs.

Devant cette situation plus de 800 000 insurgés dans la Kabylie des Babors et des Bibans fournissaient plus de 200 000 Combattants pour riposter à l’armée coloniale.  

Ainsi des batailles implacables sont menées par Bou Mezrag aux lieux dits « Akal Aberkane et l’oued Soummam » en Juin 1871. On se battait partout malheureusement sans coordination. Les répressions brutales, les vides que l’armée d’occupation pratiquait et le manque de munitions souvent constatés chez les résistants venus de certaines tribus conduisirent un grand nombre à demander la soumission.

En dépit de cette constatation Bou Mezrag continuait la lutte dans la Soummam avec âpreté. Les troupes françaises quoique continuellement renforcées connurent partout de dures épreuves et perdirent beaucoup d’hommes aussi bien dans les rangs des soldats Français que dans celui des Harkis. Les généraux Lallemand, Saussier, Cérès durent déployer toutes leurs sciences militaires pour défendre leur position, attaquer celles des adversaires et venir à bout de petits groupes mal armés, mais très courageux, téméraires et décidés. Ils furent souvent étonnés de les voir battus là, surgir plus loin et reprendre le combat avec détermination. La puissance du feu et le nombre ne les effrayaient guère : Ils demeuraient à leur poste jusqu’à épuisement de leurs cartouches ou jusqu’à leur dernier souffle.

Ses meilleurs soutiens morts, ou découragés par les revers militaires soumis aux autorités d’occupation, la population écrasée par la répression, démunie de tous ses biens nécessaires à sa survie, la lâcheté des uns et la traîtrise des autres d’une part et la puissance ennemie de plus en plus grandissante, Bou Mezrag sentit la partie perdue songea à l’exil. Il quitta l’oued Soummam dans la nuit du 2 au 3 Octobre 1871 précédé de sa famille quelques jours avant. Celle-ci fut interceptée le 8 octobre prés de la Kelaa des Beni Hammad.

Ayant appris cela il s’enfonça vers le Sud.

Après une halte à proximité   de Ouargla, ses compagnons avec son consentement partirent en hâte vers le sud Tunisiens, fuyant les troupes du général Lacroix lancés à leur poursuite le 5 janvier 1872.

Bou Mezrag avait permis le départ de ses compagnons pour détourner de son chemin les poursuivants, mais il fut moins heureux : épuisé en restant six jours sans boire ni manger, il fut ramassé évanoui à Rouissat au sud est de Ouargla par une patrouille française qui passait par la par hasard le 20 Janvier 1872. Transporté au camp du général de Lacroix il se fit connaître puis jeté en prison.

Le 26 Mars 1873 Il fut condamné à la peine capitale par la cour d’Assises de Constantine ; mais sa peine fut commuée à la déportation en nouvelle Calédonie en même temps que Ali et Mohand Amokrane Ou Kaci, si Mohand Ali Ou Sahnoun ; Ali Ameziane ou Kezzouz et si Mohand ou Braham qui furent également déporté à leur tour suivant la condamnation du tribunal de guerre de Blida.

Bou Mezrag sera gracié en janvier 1904, il fut ramené à Alger le 13 Juillet 1905 et mourut le 13 Juin 1906. Il est enterré au cimetière de Sidi M’hamed à Alger. 

Remarque :

Le Général Lapasset disait : « On a semé la haine dans les villages et l’abime crée entre les colons et les indigènes serait un jour ou l’autre comblé par des cadavres ». 

Il ne s’était pas trompé, il y eut une révolte plus tard d’El Amri en 1876, celle des Aurès en 1879 et celle du sud Oranais en 1881. 

La présence Française devait inévitablement tôt ou tard disparaître pour laisser place aux propriétaires du pays dont les racines sont plongées profondément dans la terre depuis les temps immémoriaux. 

Quel est le peuple qui a résisté et gardé sa personnalité et son identité après avoir subi tant d’invasions connus comme le peuple berbère ? 

[1]   Khouni : ayant appris le coran par cœur

 

publié par B.SLAOUTI dans: HISTOIRE

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Pseudo: B.SLAOUTICatégorie: Familles et EnfantsDescription:
Tribu des Ath waghlis en petite kabylie
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  •    Guerre d’Algérie HENRI ALLEG
  •    De la préhistoire à la Kahina de G.Mouloud
  •    Annales Algériennes- Pélissier de Reynaud
  •    Colonisation de l’Algérie 1830- 1860-Achille Fillias.
  • Chronologie de gueurre d'algérie par Catherine  Gouëset
  • La comparaison des chronologies Française et Algérienne peut être consultée  sur l'Album photos  ci-dessous .    

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