Mardi 20 Mars 2007

 

 Après la ratification du traité DESMICHELS par les deux parties, l’Emir Abdelkader avait envoyé au général DROUET d’Erlon par l’intermediare du Juif Ben-Durand une copie dans laquelle le commandement d’Oran avait apposé son cachet.

Le Générale Drouet avait vu dans cette pièce jusque là demeurée méconnue un traité secret :

Il avait demandé alors et obtenu le changement du général DESMICHELS et son remplacement par le général TREZEL.

Dans son livre DESMICHELS n’a pas manqué de préciser par contre  que son départ est intervenu parce que il avait observé une sécheresse de correspondance du gouverneur occasionné d’après ses dires par une divergence inattendue des opinions sur le système politique à suivre.

Dés lors il avait vu l’impossibilité de servir sous ses ordres : c’est alors qu’il a demandé son rappel en France.

Vers la fin du mois de Mars 1835, les chefs des tribus des Douëras et des Zmélas vaincues par l’Emir Abdelkader et le général Desmichels étaient entrés en pourparler avec le Général TREZEL et lui avait offert de se soumettre à la condition que les deux tribus formeraient comme du temps des Turcs, le Makhezène de la province relevant directement du commandement d’Oran et viendraient s’établir à Meserghine ou l’armée construirait à leur frais un blockhaus pour les protéger.

Il écrivit au général Drouet d’Erlon et lui demanda l’autorisation de traiter d’après les bases indiquées.

Les pourparlers ont aboutis alors à la convention du figuier signée le16 Juin 1835.[1]

L’Emir Abdelkader ayant appris la ratification de la convention du figuier, il écrivit au général Trézel une lettre dont voici la teneur :

« Vous savez à quelle conditions le général Desmichels s’est engagé avant vous , et vous m’avez fait les mêmes promesses à votre arrivée de nous rendre chaque homme  qui aurait commis une faute et se serait sauvé chez vous , et cela quand bien même, il ne s’agirait que d’un seul individu. A combien plus forte raison doit il en être ainsi lorsqu’il s’agit de deux tribus. Les Douërs et les Zmélas sont au nombre de mes sujets, et d’après notre loi, j’ai le droit de faire d’eux ce que bon me semblera. 

Aujourd’hui, si vous ôtez votre protection de dessus ces tribus et que vous me les laissiez commander comme autrefois, rien de mieux ; mais si vous voulez contrevenir à ce qui a été convenu, demandez votre consul Abdellah auprès de vous, car combien même les Douërs et les Zmélas entreraient dans Oran, je ne retirerais pas la main que j’ai levé sur eux, à moins qu’ils ne fassent pénitence de leur faute. Notre religion me défend en effet de me prêter à ce qu’un musulman soit sous la puissance d’un chrétien ou d’un homme d’une autre religion. 

Voyez donc ce qu’il vous conviendra de faire ; autrement c’est Dieu qui décidera ».  

Dés lors, il était facile de prévoir, d’après le langage tenu de part et d’autre que les hostilités ne pouvaient tarder à se poursuivre. Elles commencent en effet le 25 Juin pour se terminer le 28 Juin 1835 par le combat de la MAKTAA avec la participation et le courage des kabyles dans les rangs de l’Emir Abdelkader ramenés pour livrer bataille par Bou-Hamdi.

Le général Trézel est alors vaincu après avoir subi le plus douloureux épisodes de la guerre.

Il rentrait à Arzew après avoir eu selon ses déclarations 280 tués, 500 blessés et 17 prisonniers que l’Emir Abdelkader avait pris sous sa protection.


 

 

 

[1] Voir convention ci-contre

publié par B.SLAOUTI dans: HISTOIRE
Jeudi 08 Mars 2007
 Le général commandant des troupes françaises dans la province d'Oran, et l'émir Abdelkader, ont arrêté les conditions suivantes :
Art. 1er.
 
« A dater de ce jour, les hostilités entre les Français et les Arabes cesseront.
« Le général commandant les troupes Françaises et l'émir, ne négligeront rien pour faire régner l'union et l’amitié doivent exister entre deux peuples que Dieu a destinés à vivre sous la même domination. A cet effet, des représentants de l'émir résideront àOran, Mostaganem et Arzew. De même que pour prévenir toute collision entre les Français et les Arabes, des officiers français résideront à MASCARA.
Art.2.
La religion et les usages musulmans seront respectés et protégés.
Art.3.
 Les prisonniers seront rendus immédiatement de part et d'autre.
Art.4
La liberté du commerce sera pleine et entière.
Art. 5.
Les militaires de l’armée française qui abandonneraient leurs drapeaux seront ramenés par les Arabes. De même, les malfaiteurs arabes qui, pour se soustraire à un châtiment mérité, fuiraient leurs tribus et viendraient chercher un refuge auprès des Français, seront immédiatement remis aux représentants de l’Emir Résidants dans les trois villes maritimes occupées par les Français.
 Art.6.
Tout Européen qui serait dans le cas de voyager dans l'intérieur, sera muni d'un passeport visé par le représentant de l'émir à Oran, et approuvé par le général commandant.
 
Le 26 Février 1834
Après que le traité soit ratifié par les deux parties, l’Emir Abdelkader annonçait l’envoi de ses représentants à Oran, Mostaganem et Arzew dont Hadj El Habib un des plus grands personnages du pays et son parent qui partent résider auprès du Général DESMICHELS en qualité d’Oukil (Consul).
De même que l’Emir Abdelkader reçoit comme résident permanents le Commandant Abdellah et ses adjoints M.de Maligny et M.de Radepoint.
A Alger la nouvelle de paix est bien accueilli : en témoigne la lettre du général Théophile Voirol dont voici la teneur :
Lettre du Général Voirol à l’Emir Abdelkader
 
J’ai appris, par la lettre que vous m’avezécrite et par les députés que le général Desmichels m’a envoyés de votre part, que les hostilités avaient cessé entre les Arabes et les troupes de la division d’Oran. J’en rends grâce à Dieu, car quoique j’aie assez d’hommes et de canons pour ne redouter personne, je désire la paix, source de tous les biens. Je vois avec une vive satisfaction que c’est à vos dispositions pacifiques que nous devons la cessation des hostilités. En employant votre influence au rétablissement de la paix, vous vous êtes conduit en homme grand et généreux, qui n’arrête pas ses regards sur le moment présent, mais qui les porte sur l’avenir. En effet, la paix entre les Français et tous les Arabes sera féconde en avantages, non seulement pour nous mais pour nos enfants et petits-enfants […]."

Alger, le 24 mars 1834 (extrait de : Ecrivains militaires de l’ancien évêché de Bâle
 
Cependant des insurgés à cette paix ne sont pas restés inactifs et leur nombre augmentait de plus en plus parce qu’ils voyaient à regret le pouvoir de l’Emir Abdelkader se consolider par cette alliance avec les chrétiens alors qui leur avait enseigner à haïr.
 
Quelques différends qui s’étaient élevés entre les tribus des Beni-Hamer et celles Douers furent le commencement d’une guerre qui depuis longtemps se préparait.
 
L’Emir ayant appris que le parti à la tête duquel s’étaient placés MUSTAPHA BEN SMAIN et SIDI MAZRI son frère avaient levé l’étendard de la rébellion, rassembla à la hâte les cavaliers des tribus qui environnent Mascara, pour aller surprendre les Douërs qui se battaient déjà avec les Beni –Hamer, restés fidèles à la cause de l’Emir Abdelkader.
L’Emir posa son camp dans l’espoir qu’avec les troupes qu’il avait avec lui, il pourrait le lendemain, forcer les insurgés à mettre bas les armes avant que les cavaliers de la grande tribus des Hangaëts qui devaient se réunir viendront à leur secours .Mais pendant la nuit les Douërs attaquèrent à l’improviste et enlevèrent au galop le camp de l’Emir Abdelkader.
L’Emir Abdelkader perdit beaucoup de ses cavaliers et le reste s’est enfui dans un tel désordre, que les tentes, les chevaux et les bagages tombèrent entre les mains des cavaliers SI MUSTAPHA BEN SMAIN.
 
Le Généal. DESMICHELS ayant pris connaissance du désastre subit par l’Emir Abdelkader a pris le soin de lui écrire  pour l’encourager et pour lui faire comprendre qu’avec la protection de la France, il ne devait désespérer de rien .
L’Emir Abdelkader lui répondit[1] (voir lettre ci-contre).
Desmichels écrivait : « Une considération puissante et une sage prévoyance devaient me porter à secourir Abdelkader car il était notre allié et il fallait prouver aux arabes la droiture de notre politique et la loyauté de nos actions – Abdelkader malheureux devait donc compter sur notre appui ».
Ainsi DESMICHELS lui fit délivrer quatre cents fusils et quelques quintaux de poudre avec l’appui de sa cavalerie à partir du camp d’observation de MSERGUINE.
Le 13 Juillet 1834 les Douërs Effrayés de la démonstration des soldats Français à leur encontre se rapprochèrent de TLEMCEN en abandonnant leur pays plein de riches silos
Exténués de fatigue et mourant de faim Hadj Bokada pourtant signalé comme un homme dangereux et intrigant n’avait plus d’autres alternatives que de demander la protection du général DESMICHELS .
 
 
 
 
 
 
 
 


[1] Voir lettre ci-contre
publié par B.SLAOUTI dans: HISTOIRE

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Tribu des Ath waghlis en petite kabylie
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