Dans son livre consacré à " La guerre moderne", Trinquier a exposé avec beaucoup de clarté les tenants et aboutissants de ce nouveau type de guerre, des enjeux et de la stratégie qu'il convenait d'utiliser pour l'emporter sur ses adversaires.
Il déclarait dans son avant-propos :

"L'armée française avait donc le devoir impérieux de continuer jusqu'au bout la tâche entreprise. Elle n'avait pas le droit de décevoir la confiance que tout un peuple (algérien ) lui fait.
Si nous lui avions rendu sa liberté, le peuple algérien aurait sans ambages donné son sentiment. Nous le connaissons : c'est une confiance inébranlable dans une Grande France devenue sa patrie." Résumons la théorie de la nouvelle guerre exposée par Trinquier’’.
Dans une guerre moderne, il faut avoir ou obtenir l'appui inconditionnel de la population : il convient donc de contrôler les masses par une stricte hiérarchie, et souvent même par plusieurs "hiérarchies parallèles", les fameuses hiérarchies parallèles de la guerre révolutionnaire.
Ce contrôle des masses est l'arme maîtresse de la guerre moderne. Cette lutte revêt deux aspects également importants pour gagner, un aspect civil et un aspect militaire.
L'opération policière au sein de la population sera donc une véritable opération de guerre, car l'appui de la population est essentiel pour vaincre les guérilleros.
Sur le plan militaire, il détaille les procédés à utiliser contre la guérilla, quadriller les "Zones de Campagne Habitées" en créant des postes, en rendant cette zone invivable pour les rebelles, grâce à des commandos, des embuscades, des grandes opérations de bouclage et de ratissage.
Empêcher tout ravitaillement des rebelles, car le ravitaillement en vivres est souvent plus important que l'approvisionnement en armes.
Les principes de la stratégie préconisée : couper les rebelles de la population, leur rendre intenables leurs zones de maquis, durer.
Il recommandait de détruire l'organisation rebelle qu'il décrivait : six willayas (=igamies), correspondant à quatre ou cinq zones (départements) ou mintakas, chaque mintaka comportant quatre ou cinq régions (arrondissements) ou nahias, chaque nahia correspondant à quatre ou cinq secteurs ou khasmas ; chaque secteur correspondant à des communes et à des douars.
Ces échelons correspondaient en gros à ceux de l'administration et de l'armée française en Algérie.
A chaque échelon, se trouvait un chef politico--militaire, un responsable politique, un responsable militaire, un responsable des liaisons et du renseignement.
C'est la région ou nahia qui constituait l'unité de base rebelle : elle se trouvait donc au niveau de notre arrondissement et de notre secteur militaire commandé par un colonel, dans le cas d'espèce, Sidi Aïch.
Le douar des Béni Oughlis constituait la kasma 4 qui faisait partie de la Nahia 4 (Bougie), qui elle-même était une des quatre nahias de la mintaka 2.
Au 1er juillet 1959, les services de renseignement estimaient qu'il y avait cinq katibas dans la mintaka 2, le potentiel de la nahia quatre étant d'une katiba. L'effectif moyen d'une katiba pouvait être de l'ordre de 200 à 250 combattants, plus autant de supplétifs.
La katiba 324, de très bonne réputation militaire, cantonnait souvent dans le massif de l'Akfadou.
A l'échelon inférieur du secteur militaire, et selon les circonstances géographiques et militaires, il y avait un quartier tenu par un bataillon et des sous-quartiers tenus par des compagnies : ceux-ci voyaient leurs champs d'action évoluer et s'étendre au fur et à mesure des progrès de la pacification.
Trinquier préconisait de s'attaquer en priorité à l'organisation rebelle des campagnes habitées, et de regrouper la population dans des villages protégés par l'armée ou des autodéfenses :
"Nous rétablirons ainsi le vieux système de villages fortifiés du moyen âge, destinés à protéger les
habitants contre les grandes compagnies." Contrôler la population, contrôler son ravitaillement, constituaient des objectifs essentiels.
Une fois rétablie la sécurité dans les Zones de Campagne Habitée- objectif en gros atteint à l'été 1959 dans le douar des Beni Oughlis- populations regroupées, contrôlées, organisation politico-administrative sérieusement entamée- il convenait d'aller pourchasser les bandes dans leurs "Zones Refuges", et c'était là le travail des troupes d'intervention- début de l'opération Jumelles en Petite Kabylie- juillet 1959, et plus précisément pour nos récits et textes, dans le massif de l'Akfadou.
"La totalité des troupes engagées dans l'opération devra prendre le repas du soir avant la fin du jour. La nuit venue, aucun feu ne sera allumé… Tirer à vue à une dizaine de mètres au maximum."
Remarquable souci du détail efficace de l'auteur.
"L'opération sera terminée seulement lorsque l'organisation de guerre ennemie- bandes armées comprises- aura été entièrement détruite (c'est à dire lorsqu'il ne restera plus un seul guérillero dans la région), mais encore lorsqu'un système cohérent, capable d'empêcher tout retour offensif de l'adversaire, aura été mis en place." La guerre et la pacification dans les Beni Oughlis se sont déroulées quasiment selon ce type de scénario, si bien décrit par le colonel Trinquier.
Quant à ses résultats, nous aurons l'occasion d'en reparler.
Notons pour l'instant que l'idée de Trinquier selon laquelle, et contrairement aux idées reçues de l'époque, la guerre d'Algérie ne devait pas être une guerre de capitaines et de lieutenants, ne correspondait pas à la réalité :
Lieutenants et capitaines ont été aussi importants que les généraux et leurs états major pour mener à bien la pacification.
Je serais d'ailleurs tenté de penser que l'échec de la France en Algérie a de multiples causes, mais que les généraux y ont une grande part de responsabilité parce que leur analyse stratégique n'était pas la bonne, leur obsession du communisme international non fondée.
Ils ont poursuivi un rêve impossible qu'il n'était déjà plus possible de réaliser, mais peut-être est-ce à mettre à leur crédit !
Tous les hommes sensés que la question algérienne intéresse doivent se demander ce qui autorise Mr Lacoste à afficher tant d’optimisme devant une situation plutôt dramatique. Six cent mille soldats français se révèlent insuffisant pour contenir l’ALN. Les embuscades se multiplient sur tout le territoire algérien et deviennent de plus en plus meurtrières. La liste des victimes françaises s’allonge tous les jours. Parallèlement au succès de l’ALN, le FLN se renforce chaque jour davantage. Et cependant, Lacoste répétant sans cesse, tel Candide, « que tout va pour le mieux pour le meilleur des mondes ». C’est que Mr Lacoste dispose d’une carte maîtresse, d’un atout majeur, d’une bombe ultra secrète qui doit pulvériser la rébellion algérienne. Lacoste, Soustelle, Mollet, Lejeune, Ollie, Pantal, Longchamp et bien d’autres sommités politiques, militaires et policières ont conjugué leurs efforts pour inventer une véritable machine infernale, qui déclenchée à l’heure H, devra ébranler tout le système rebelle et par la suite emporter la décision. La Kabylie, département-pilote, a été choisie pour servir de champ d’expérience. Une fois ce bastion de l’ALN réduit, et devant l’effet de surprise, les Algériens mettront bas les armes. En quoi consiste cette bombe ?
Trois algériens, trois responsables clandestins du FLN : Ahmed Zaidat, Tahar Achiche et Mohamed Yazouren, que les services de renseignements de Soustelle considéraient comme des « serviteurs surs » pour être organisés en groupe de quinze à vingt (exactement comme les groupes de l’ALN). Ces groupes, une fois encadrés par des officiers et sous-officiers choisis par les colonialistes d’Algérie les plus impénitents, devaient dans l’esprit de ces messieurs du C.G liquider l’ALN en Kabylie et partir à la reconquête de l’Algérie, voir de …..L’Afrique du Nord.
Aziz et son frère aîné M'hamed réussissent à persuader leur père de participer à l'insurrection de 1871, initiée par le bachaga El Mokrani contre l'occupant français. Une fois l'alliance avec les El Mokrani scellée, le 8 avril 1871 au marché de M'cisna de Seddouk, Mohand Améziane lance son appel au djihad. Cet appel fut bien accepté par la population et une bonne partie de la Kabylie s'est jointe à cette guerre sainte. Le prestige et la renommée du père y sont pour beaucoup, son âge avancé et ses obligations religieuses ne lui permettant pas de prendre la tête de la guerre, Aziz avait
Il sera jugé en même temps que son père, son frère M'hamed et tous les autres chefs Du soulèvement de 1871, tels que Boumezrag Mokrani. Le procès eut lieu au tribunal de grande instance de Constantine, il durera du 10 mars au 21 avril 1873, il sera défendu par Me Léon Seror du barreau de Constantine. L'issue de ce procès ne faisait nul doute, il sera condamné à mort ainsi que son frère M'hamed. Détenteur de la Légion d'honneur, sa peine sera commuée en déportation au bagne de Nouvelle- Calédonie. Leur père sera, lui, condamné à 5 ans de prison, il décédera quelques jours plus tard dans la prison du Coudiat de Constantine. Durant son procès, Aziz remet aux membres de la cour un mémoire d'une centaine de pages. Il expose, entre autres, les raisons de ce soulèvement, dont voici un extrait :
«Quant à la prison, à l'opprobre, à la mort, à la spoliation, à l'incendie et aux coups, tout cela ne ramène pas les gens à l'obéissance : peut être même ces choses augmentent-elles dans le cœur des gens et de leur suite, la haine et l'inimitié contre le gouvernement. Personne, du reste, ne peut être satisfait du trépas de son frère, de son père ou de son fils.
s'occuper ? Et qui sait, si le plus grand nombre de tribus insurgées dans l'année 1871 ne se composait pas de parents et de gens détenus en prison, qui se seraient révoltés contre le gouvernement avec réflexion exclusivement à tous les autres, parce que leur cœur était déchiré de ce que leurs frères étaient en prison ou avaient été mis à mort. Et alors même que la prison eut été au loin, les tribus de ces gens détenus en France, ont peut-être été les premières à se lancer dans la révolte contre le gouvernement dans l'espoir de délivrer leurs frères, leurs proches et leurs fils.» En nouvelle- Calédonie, leur terre d'asile, ils côtoieront les déportés français condamnés suite aux événements de la Commune de Paris et qui seront leurs compagnons d'infortune pendant de longues années.
Aziz, dépité par tant d'injustice décide de s'évader de Nouvelle-Calédonie. Le 20 mars 1874, Henri Rochefort et cinq de ses camarades réussiront à s'évader de la Nouvelle-Calédonie en offrant une grosse somme d'argent au commandant d'un bateau australien et ainsi acheter sa complicité. Cette première grande évasion exaspéra l'administration qui décidera d'interdire la pêche, le ramassage de bois à brûler et redoubla de dureté les conditions de vie des déportés, rendant toute tentative d'évasion très difficile mais surtout risquée.Toutes ces restrictions et difficultés n'ont pas découragé Aziz, en 1881 il réussit à s'évader pour rejoindre l'Australie, l'Egypte et enfin l'Arabie Saoudite. Son frère M'hamed fera de même, il s'évadera de Nouvelle-Calédonie le 5 décembre 1886 en utilisant de faux papiers. Après la promulgation des lois d'amnistie autorisant les déportés algériens à quitter la Nouvelle-Calédonie pour ceux qui le désirent, Aziz se rend à Paris, pour demander la restitution des biens de sa famille spoliés par l'occupant. Il profite de l'occasion pour rendre visite à un ami de détention le communard commandant Eugène Mourot, il tombe malade et décède le 22 août 1895 dans les bras de ce dernier, à son domicile situé au 45 boulevard Ménilmontant à Paris, juste en face de l'actuel cimetière du Père- Lachaise. Une précision, la pierre tombale mentionne la date du 21 août 1895 alors que dans l'acte de décès elle est du 22 août 1895, le nom et la signature d'Eugène Mourot figurent dans cet acte en tant que témoin.
Avant l'occupation Turque de la ville de Dellys en 1517-1518 par Kheir-eddine et de la ville d'Alger (1516), les Iflisen Umlil contrôlaient une partie du littoral allant de la rivière Sebaou jusqu'à Boumerdes environ, et toutes les plaines de la Mitidja. Entre le Sebaou et l'Isser, il y avait 5 Aarchs sur le littoral composés de Isser el Widan, Isser Ouled Smir, Isser el Djediane, Isser Draoua etZemoul.
e payer l'impôt au Makhzen d'Alger. Les chefs des Iflisen Umlil étaient alors Khelif U-Buzid (amin des At Mekla), Hassan U-Rafa3 (amin des Iraf3en), Lhusin N Zamum (amin des At Amran). L'armée torque Composée de 1 100 hommes (turques et goums arabes) fut Anéantie.
des Iflisen Umlil : Lhusin N Zamum. Il avait installé son azib au lieu qu'on appelle encore aujourd'hui "L'Azib n Zamum" (Ex. Haussonvillier). Pendant de longues années, Lhusin N Zamum sut maintenir la paix Avec les Turcs et ce n'est que 25 ans après la conclusion du traité, que nous voyons de nouveau lesIflisen en insurrection.
beau faire croître l'effort, varier les méthodes, il n'en ré
sulte jamais qu'une évidence qui est l'impossibilité de séparer l'observateur de la chose observée et l'histoire de l'historien. 

